Novembre
2008
En 1570, il fut nommé médecin de l’Electeur Georges de Brandebourg, dont il aurait sauvé l’épouse, et qui mit à sa disposition le « Monastère Gris » de Berlin, ancien cloître franciscain où Thurneisser installa un laboratoire et une imprimerie. Il fut notamment parmi les premiers à mettre au point des techniques d’analyse pour les eaux minérales.
Créateur d’un jardin botanique et d’un cabinet de sciences naturelles,
polyglotte remarquable (ce qui lui valut des accusations de
sorcellerie), Thurneisser n’en laissa pas moins derrière lui une
réputation d’aventurier et de charlatan, devenu riche en dirigeant des
manufactures chimiques (salpêtre, alun, verre…), en prêtant sur gages,
en vendant horoscopes, talismans et autres remèdes secrets (dont un «
breuvage d’or médicinal »), et en prétendant détenir le secret de la
transmutation du plomb en or.
Ses détracteurs l’accusèrent entre autres
d’avoir assassiné l’alchimiste Sebastian Siebenfreund afin de lui
dérober le secret de la pierre philosophale. Dans les remous de cette
affaire, qui fit grand bruit dans l’Europe savante, et de plusieurs
accusations d’escroquerie, jalousé dans son succès par les médecins de
Berlin, il dut quitter cette cité (1584) pour Bâle puis l’Italie (où il
aurait fait devant la cour de l’archiduc de Toscane la démonstration
d’une transmutation partielle d’un clou de fer en or). Il demanda à
être inhumé aux côtés du savant et alchimiste médiéval Albert le Grand,
dans le monastère dominicain de Cologne.
John Ferguson, Bibliotheca
chemica, Glasgow : Maclehose, 1906,
t. II., p. 453-455.
[Cote BIUP : RES 6549-2]
Ferguson ajoute à propos
de Thurneisser : « At the present day he might have been a successful
manufacturing chemist, able to turn his raw material into gold without
the red elixir ».
Hermann Schelenz, Geschichte
der Pharmazie,
Berlin:
Springer,
1904, passim.
[Cote BIUP : 37816]
Voir notamment p. 403 sur les
techniques d’analyse des eaux minérales employées par Thurneisser.
Ferdinand Hoefer, Histoire
de la chimie depuis les
temps les
plus reculés jusqu’à notre époque, Paris : Hachette, 1843,
t. II,
p.23-24.
[Cote BIUP : 18593-2]
Louis-Gabriel Michaud, Biographie
universelle,
ancienne et
moderne, Paris, 1826, t. 45 , p. 590-592.
[Cote BIUP : 18648-45]
Karl Christoph Schmieder, Geschichte
der Alchemie,
Ulm :
Arkana, 1959, p. 284-286.
[Cote BIUP : 52317]
Johann Friedrich Gmelin, Geschichte
der Chemie,
Göttingen :
Rosenbusch, t. 1, 1797, p. 266-276.
[Cote BIUP : 22290-1]
Jean-Claude Streicher, Documents sur l’huile d’or du Pechelbronn, mars 2006 (en ligne), dans lesquels on voit Thurneisser présenté rétrospectivement, au XVIIIe s., comme l’inventeur du procédé d’obtention d’une huile d’or, notamment médicinale.
Günther Bugge, Der Alchimist. Die Geschichte Leonhard Thurneyssers, des Goldmachers von Berlin, Berlin : Limpert, 1939.
Gabriele Spitzer, Und die Spree führt Gold. Leonhard Thurneysser zum Thurm. Astrolog, Alchimist, Arzt und Drucker in Berlin des 16. Jahrhunderts, Beiträge aus der Staatsbibliothek zu Berlin Preussische Kulturbesitz n°3, Berlin, 1996.
Pour tout renseignement complémentaire, vous pouvez contacter le responsable du fonds ancien, Jean-Marie Feurtet