Avril
2009
Maison centrale de droguerie [Menier et C.ie]. Prix courant général 1845
Paris, impr. Schneider et Langrand, 1845.
Cote BIUP : RES 19664
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Couverture du catalogue de 1845
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Gravure de la fabrique de Noisiel-sur-Marne
Trois phases du moulin de Noisiel-sur-Marne
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Jean-Antoine-Brutus Menier est né à Saint-Germain-de-Bourgueil (Indre-et-Loire)
le 17 mai 1795 dans une famille de négociants et marchands. Neveu du chirurgien de
l’hôpital local (Antoine Menier), il poursuit des études au collège puis au Prytanée
de La Flèche, est placé comme élève auprès du pharmacien du Prytanée (Louis Meignan),
et travaille d’oct. 1813 à août 1814 à la pharmacie hospitalière du Val-de-Grâce à
Paris. Il noue alors des contacts avec Vée et Alphonse Chevallier, et prend conscience
des difficultés à s’approvisionner en matière médicale et en instruments.
Après s’être lancé, en correspondance avec son père, dans le négoce de vins et produits
tourangeaux, il se réoriente dès 1816 vers la distribution des drogues et produits pharmaceutiques
auprès des pharmaciens de province, et plus particulièrement vers la fabrication mécanisée
et la fourniture de substances pulvérisées.
Installé au cœur de Paris (dans le quartier des Arcis), il utilise d’abord un manège à chevaux pour produire des farines, puis loue à la fin de 1824 un ancien moulin à eau sis sur la Marne, à Noisiel.
Converti en « usine hydraulique », organisé selon une stricte division du travail,
le moulin de Noisiel devient le fer de lance d’une entreprise innovante dans de
multiples domaines, notamment dans la transformation des aliments (par ex. l’orge
perlé, jusqu’alors quasi monopole des Hollandais) et dans la pulvérisation à grande
échelle des substances médicinales.
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Les années 1830-1840 voient la montée en puissance de la société en commandite
Menier, dont l’enseigne rue des Lombards, gérée avec l’aide de pharmaciens titulaires,
est transférée en 1848 rue Sainte-Croix de la Bretonnerie, pour devenir « Maison Centrale
de Droguerie ». Quant au site de Noisiel, il est plusieurs fois réaménagé puis définitivement acheté par Menier (1842).
Dans le courant des années 1840, Menier, dont la santé se détériore, passe les rênes
de l’entreprise à son fils Emile-Justin. Il s’éteint à Passy, en déc. 1853, couvert
d’honneurs par le régime impérial. |
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Aussi le catalogue de novembre 1845 est-il celui de la consécration : présentation soignée et détaillée, illustrations de qualité … et réaffirmation de la confiance acquise auprès des pharmaciens en 25 ans d’exercice : « l’ouvrage que nous offrons à MM. les pharmaciens est un vaste répertoire où se trouve réuni, par ordre de matières, tout ce qui présente quelque intérêt pour l’exercice de la profession » (p.3). Un an après la 1ère publication de l’Officine de Dorvault, véritable vade-mecum de la pharmacie pratique, Menier se propose d’offrir au public son pendant commercial. La maison Menier traite alors avec env. 8000 clients dotés d’un compte, et un cinquième du chiffre d’affaires est réalisé à l’export.
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Si le secteur pharmaceutique est le plus largement représenté (matière médicale, poudres et farines, produits chimiques, étiquettes à bocaux, eaux minérales, médicaments homéopathiques, pharmacies portatives pour les voyageurs…), sont également produits et/ou distribués des produits alimentaires, des graines, des ouvrages scientifiques, des instruments de laboratoire ou de chirurgie… Plusieurs pharmaciens en ayant fait la demande, Menier propose des plaques et substances chimiques pour la réalisation de daguerréotypes.
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Cet ouvrage constitue ainsi un jalon fondamental dans l’histoire de l’industrie et de la distribution pharmaceutiques, ce dont son auteur, mettant en avant ses relations avec les milieux professionnels et commerçants parisiens, est pleinement conscient :
« Le commerce de la droguerie ne consistait autrefois que dans l’achat et la vente de substances appliquées à la préparation des médicaments. Nous avons été les premiers à lui donner une impulsion nouvelle en harmonie avec le mouvement industriel de notre époque. Avant nous, le pharmacien éloigné de la capitale était obligé de s’adresser à autant de fournisseurs qu’il y avait d’objets de nature différente dans les besoins de son art. C’était une exception quand le droguiste recevait mission de rassembler dans son envoi la verrerie, les instruments de laboratoire, les préparations spéciales, les objets de science et les articles accessoires, aujourd’hui nécessaires à l’exercice complet de la pharmacie… » (p. 3)
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Marc Valentin, « Jean-Antoine-Brutus Menier et la fondation de la Maison Centrale de Droguerie », Revue d’histoire de la pharmacie
, t. XXXI, n°263, déc. 1984, p. 358-389.
[Cote BIUP : P 31268]
« Saga Menier », site personnel d’Alain Lateb, où se trouvent de nombreux renseignements sur Noisiel et la famille Menier. [consulté le 20/04/2009]
François Dorvault, « Voyage pharmaceutique à l’Exposition universelle de Londres », L’Union médicale, nov.-déc. 1851
[Cote BIUP : 25199]
« M. Menier avait exposé… d’énormes flacons d’extraits secs et pailletés de rhubarbe, de quinquina, d’ipécacuanha, de safran, de digitale, dont l’odeur, la saveur, la couleur décelaient l’excellence de la préparation (…). M. Menier a le laboratoire de pharmacie le plus important de Paris ; comme exemple, 500 kg de belladone fraîche peuvent être réduits en extrait le jour même : entrée le matin, elle est d’abord broyée sous une meule verticale mue par la vapeur pour en extraire le suc ; celui-ci est déféqué, filtré, et enfin évaporé dans le vide ; le soir c’est un extrait ».
Pour tout renseignement complémentaire,
vous pouvez contacter le responsable du fonds ancien, Jean-Marie
Feurtet