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Le livre du moisJuin 2009

Pesticides et pharmacie :
la phytopharmacie dans les collections de la BIUP.

Si l’on parle aujourd’hui couramment de produits phytopharmaceutiques (ou phytosanitaires) pour désigner toutes sortes de pesticides, le terme même de « phytopharmacie » est associé à des épisodes méconnus de l’histoire professionnelle des pharmaciens. On trouve aujourd’hui de nombreux exemples de dévoiement de ce terme, souvent assimilé à la médication de l’homme par les plantes ou phytothérapie.
L’allemand a préféré Pflanzenschutz [défense des plantes] et emploie le mot Phytopharmazie pour désigner l’étude des propriétés pharmaceutiques des plantes ; l’anglais Phytopharmacy tend à connaître une dérive sémantique (l’expression Crop protection ayant été utilisée de plus longue date, notamment aux Etats-Unis), tandis que l’italien Prodotti fitofarmaci a hérité de la même acception qu’en français.
On peut retenir la définition suivante, donnée par Guy Viel (anc. directeur de l’Institut de phytopharmacie à l’INRA) dans D’Aguilar [et al.], Protection des cultures. Atlas des ennemis & maladies (Paris : Ponsot, 1964, cote BIUP : 20616) :

« La phytopharmacie est une science appliquée ayant pour objet l’étude des produits et préparations destinés à la protection ou à l’amélioration de la production végétale [et à la préservation des produits récoltés], à l’exclusion des engrais et des amendements. Les produits phytopharmaceutiques se répartissent dans différentes catégories selon leur champ d’activité. On distingue principalement : les insecticides et acaricides, les fongicides, les herbicides, les rodenticides, corvicides, corvifuges, les nématicides, les molluscicides, les bactéricides, viricides, etc. ; et les adjuvants, destinés à améliorer les qualités des produits précédents. »

C’est à plus d’un titre que les collections de la BIUP illustrent ce secteur des sciences pharmaceutiques, dont l’émergence ne commence véritablement qu’à la fin du XIXe s. (notamment aux Etats-Unis), avant de prendre rapidement une importance considérable en Europe dès l’Entre-Deux-Guerres. Par le don fait à la bibliothèque (en 1937) d’une partie des ouvrages de Jean-Baptiste Dumas, la BIUP s’est ainsi trouvée dotée d’un certain nombre d’ouvrages du XIXe s., traitant de chimie appliquée à l’agriculture. Par ailleurs, la bibliothèque conserve de manière complète les travaux de pharmaciens ayant eu un lien étroit avec la défense des cultures : J.-E. Planchon, Em. Perrot, R. Fabre, R. Truhaut notamment. Leurs activités de recherches ont contribué à renforcer les fonds de la bibliothèque en phytopathologie et physiologie végétale, en entomologie appliquée et en chimie agricole.

Enfin, la Faculté de Pharmacie de Paris est l’une des toutes premières enceintes savantes où le terme « phytopharmacie » se répand officiellement, et où, dès les années 1930, une partie des pharmaciens français tentent de modeler ce nouveau champ. Les « pharmacopées agricoles » alimentent dès lors les fonds de la BIUP, depuis le Guide pratique pour la défense sanitaire des végétaux (cote BIUP : 200513), publié en 1937 par la Ligue nationale de lutte contre les ennemis des cultures, jusqu’aux Index phytosanitaires de l’ACTA – Association de coopération technique agricole (1ère édition en 1961, cote BIUP : P 32023) et au Pesticide Manual publié par le British Crop Protection Council depuis 1968.

Guide pratique pour la défense sanitaire des végétaux
Guide pratique pour la défense sanitaire des végétaux

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