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Le cours de chimie et de minéralogie de l’Académie de Dijon

D’après Ronei Clécio Mocellin, Louis-Bernard Guyton de Morveau (1737-1816) : Chimiste et Professeur au Siècle des Lumières, thèse de doctorat à l’Université Paris Ouest- Nanterre La Defense, 2009. Sous la direction de Bernadette Bensaude-Vincent.

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Accès au cours de chimie de
Louis-Bernard Guyton de Morveau
[Cote BIUP : MS 193]

Introduction

Au début des années 1770, le médecin Hugues Maret (1726-1786) et l’avocat-chimiste Louis-Bernard Guyton de Morveau prennent le contrôle administratif de l’Académie des sciences, arts et belles-lettres de Dijon. Guyton est convaincu que les connaissances produites par la chimie et la minéralogie sont fondamentales pour le développement technique de la société, mais que cette utilité dépend directement de la formation d’un public qui se chargera de son application dans les divers secteurs où ces sciences deviennent nécessaires [1].

[1] Voir Roger Tisserand, Au temps de l’Encyclopédie : l’Académie de Dijon de 1740 à 1793, Paris, Boivin, 1936 ; pp. 610-617.

Comment former ce public ? Sans aucun doute en offrant un cours de chimie et de minéralogie. Etant donnée l’ampleur des dépenses à engager, Guyton plaide pour que l’Académie offre ce cours et construise un laboratoire et que les frais soient assumés par l’Etat de Bourgogne. Après délibération, le 5 janvier 1776 l’administration de la Province accorde une somme de 1800 livres, portée à 3000 livres dans l’année suivante, pour l’établissement d’un cours annuel, public et gratuit de chimie, minéralogie et matière médicale, sous la direction de Guyton de Morveau [2].

Dès lors le projet avance rapidement. Dans la séance du 11 janvier 1776 l’Académie désigne trois professeurs : Guyton de Morveau, J-F. Durande (1732-1794) et Maret. Guyton sera responsable de la chimie minérale et de la minéralogie, Durande de la chimie « relative aux végétaux » et Maret de la chimie médicale. Le 2 avril, l’Académie informe qu’elle « ouvrira ce cours le dimanche 28 avril à 3 heures et demi dans son hôtel » [3]. Le cours se tient les lundis, mercredi et vendredi de chaque semaine, à 5 heures du soir, dans le laboratoire de l’Académie. Il se termine le 14 juin 1776. Les années suivantes les cours commencent généralement au mois de mars et se clôturent au mois de mai avec des séances de deux à trois heures. Guyton est le principal animateur de ce cours jusqu’à 1789.

[2] Pour une description détaillée des cours publics créés par l’Académie de Dijon voir Nicole Rougetet, Les cours publics à l’Académie de Dijon (...)


[3] Affiches, annonces et avis divers, ou Journal de la Bourgogne, Bibliothèque Municipale de Dijon, feuillet du mardi 2 avril 1776.

Notes

[1] Voir Roger Tisserand, Au temps de l’Encyclopédie : l’Académie de Dijon de 1740 à 1793, Paris, Boivin, 1936 ; pp. 610-617.

[2] Pour une description détaillée des cours publics créés par l’Académie de Dijon voir Nicole Rougetet, Les cours publics à l’Académie de Dijon au XVIIIème siècle, mémoire à l’Université de Dijon, 1971. Pour une description de l’organisation pédagogique et de la théorie chimique enseignée voir Ronei Clécio Mocellin, Louis-Bernard Guyton de Morveau (1737-1816) : Chimiste et Professeur au Siècle des Lumières, thèse de doctorat de l’Université Paris Ouest – Nanterre, 2009. Voir aussi William A. Smeaton, «  Guyton de Morveau’s course of chemistry in the Dijon Academy », Ambix, n° 2, 1961, pp. 54-69; Auguste Baudot, La pharmacie en Bourgogne avant 1803, Mâcon, JPM Editions, 2002 [1905], pp. 490-499 ; Fabien Rorgue, Guyton de Morveau en Bourgogne : Itinéraire d’un Dijonnais au XVIIIe siècle et sous la Révolution (1737-1791), mémoire de Master II à l’Université de Bourgogne, 2006 ; Georges Bouchard, Guyton-Morveau, chimiste et conventionnel, Paris, Libraire Académique Perrin, 1938.

[3] Affiches, annonces et avis divers, ou Journal de la Bourgogne, Bibliothèque Municipale de Dijon, feuillet du mardi 2 avril 1776.



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